2.
L’écriture
SOMMAIRE
:
Introduction
·
Les
rômajis
·
Les kanas
·
Les kanjis
L’écriture
constitue la principale difficulté du
japonais. Ici nous n’avons pas la prétention de
vous
apprendre à écrire japonais, mais
plutôt de vous
aider à vous retrouver dans ce qui est peut-être
pour vous
un vaste champ de signes, plus bizarroïdes les uns que les
autres.
Pour une étude plus approfondie, vous vous reporterez
à
la rubrique présentation, sources, liens de ce site.
Le
mot rômaji signifie
littéralement «
lettre
romaine ». Il s’agit tout simplement du
système de
retranscription du japonais et de tous ses signes en un japonais
s’écrivant avec notre alphabet. Il faut savoir en
premier
lieu que bien que le japonais normal (avec les idéogrammes)
s’écrive sans espace entre les mots (quoique nous
le
ferons par commodité pour le niveau débutant)
l’usage le plus courant des rômajis impose
l’utilisation d’espace entre les mots,
même si
certains Japonais ne le font pas.
exemple
: une phrase quelconque :
sekai
isshû mo shitakunai ka.
pourra
parfois s’écrire (mais pas sur ce site) :
sekaiisshûmoshitakunaika.
Le
système de romanisation a plusieurs «
écoles
» : une, officielle, qui est la moins aisée pour
le
débutant car elle diffère sur la retranscription
de
certaines syllabes par rapport à l’autre
(Hepburn),
préférée des non-japonais car elle
colle
parfaitement à la prononciation, une fois que l’on
en a
assimilé les règles fondamentales. Globalement,
l’usage est dans les faits très flottant.
Pour
créer des mots, le français utilise des voyelles
et
des consonnes dont l’ensemble forme un alphabet.
Le
japonais, lui, utilise des syllabes dont l’ensemble forme un
syllabaire. Le syllabaire ne distingue pas voyelles et consonnes. Et il
ne considère que des syllabes. Il en comporte 46. (de base)
Ces
46 syllabes peuvent s’écrire selon deux graphies
différentes :
la
graphie dite hiragana
la
graphie dite katakana
Exemple
:
a)
Nature
Les
syllabes hiragana sont des
signes purement japonais. Leur dessin
est souple et curviligne. On compte 46 syllabes hiragana. Les enfants
japonais les maîtrisent dès leur plus jeune
âge.
b)
Origine
La
graphie hiragana est en fait
issue de l’écriture
cursive et de la simplification progressive au cours du 9ème
siècle d’une partie des kanjis*
(voir paragraphe
idéogrammes) introduits jusqu’alors.
*Nous
signalerons simplement pour le moment qu’un kanji est un
signe qui possède non seulement une prononciation mais en
plus
un sens, un concept, une idée. Tandis que rappelons-le, les
hiraganas n’ont qu’une valeur de son en tant que
tel. (comme
une écriture phonétique.)
Exemple
de cette simplification :
Il
fut un temps où écrire en hiragana
était
réservé aux femmes, mais cette pratique a
complètement disparu depuis des siècles.
c)
Utilisation
Exception
faite des catégories de mots imposant
l’utilisation du syllabaire katakana
(cf. paragraphe
suivant),
tout le japonais peut s’écrire à
l’aide des
hiraganas. Néanmoins
pour des raisons pratiques que vous ne
comprendrez que plus tard dans votre étude, le japonais
restreint l’utilisation de ce syllabaire à des
fonctions
bien précises et écrit principalement en kanji.
(Les
jeunes enfants japonais ignorant les quelques 2000
idéogrammes
courants, si vous observez un livre pour enfants, vous constaterez
qu’il n’est écrit qu’en kana
auquel on adjoint
les idéogrammes correspondants au niveau
d’étude du
public concerné. Ainsi, les livres destinés aux
enfants
entrant au CP japonais ne contiennent théoriquement aucun
idéogramme.)
Quels
sont les usages des hiraganas ?
Observons
un exemple :
La
phrase suivante est très simple :
*** français :
J’écris une lettre.
*** rômaji :
watashi wa tegami o kakimasu.
***
hiragana :
[1]
***
japonais « normal », i.e., utilisant les
deux système hiragana
et kanji simultanément :
Premièrement,
lisez la phrase en caractères romains et si
besoin est reportez-vous aux notes concernant la prononciation.
Ensuite, observez les hiraganas
et retrouvez la correspondance entre la
syllabe transcrite en rômaji
et son pendant en hiragana. Si
vous
avez été attentif, vous aurez remarqué
deux
« erreurs » qui n’en sont pas. Il
s’agit de la
deuxième syllabe wa et
de la syllabe o. Le wa correspond au hiragana
« ha
» et le o au
hiragana « wo
» (voir le
tableau). Ces deux hiraganas ont une fonction
précise dans la
phrase et dans ce cas leur prononciation est
irrégulière,
c’est pourquoi le rômaji
diffère de
l’écriture syllabique. Rassurez-vous, il
n’existe
que 3 exceptions de ce type, et elles sont si courantes que
bientôt vous ne les concevrez même plus en tant
qu’exceptions. C’est pour cette même
raison que
parfois vous trouverez cette même phrase écrite
«
watashi ha tegami wo kakimasu
». Tout dépend de
quel point
de vue on se positionne : celui du respect de la prononciation ou celui
d’une transcription fidèle des hiraganas en rômaji.
Le débutant adoptera le plus souvent la première
démarche, mais au Japon c’est la seconde qui prime.
Ensuite,
observez la phrase en japonais « normal ». Les
signes les plus compliqués correspondent aux kanjis. Afin de
comprendre pourquoi tel mot s’écrit en
idéogramme
et tel autre reste en syllabaire, décortiquons la phrase mot
à mot. Ne vous préoccupez pas
particulièrement de
l’ordre des mots, nous reverrons tout cela dans
l’initiation à la grammaire
japonaise.
watashi
veut dire « moi », c’est donc un pronom
personnel.
wa
ne se traduit pas en français, car c’est une
particule
enclitique. Son rôle est ici d’indiquer que watashi
(moi),
est le thème de la phrase, ce qui correspond plus exactement
ici
à indiquer qu’il est le sujet du verbe de la
phrase.
tegami
signifie « lettre », c’est un nom commun.
o
est une autre particule
enclitique. Sa fonction consiste à
nous montrer que tegami est le complément d’objet
direct
du verbe de la phrase.
kakimasu
est le verbe de la
phrase.
Nous
pouvons tirer quelques conclusions de ces premières
observations :
1.
Les pronoms personnels
et les noms
communs s’écrivent en kanji.
2.
Les particules enclitiques
s’écrivent en hiragana.
3.
Le radical du verbe
s’écrit en kanji
(là où se
situe le sens) ;
la terminaison du verbe
s’écrit en hiragana.
De
plus, ajoutons que :
4.
Le radical des adjectifs
variables
s’écrit en kanji.
La terminaison des adjectifs
variables
s’écrit en hiragana.
5.
Les chiffres
s’écrivent
en kanji.
6.
Les adjectifs invariables
s’écrivent en kanji.
7.
Les noms propres
s’écrivent en kanji.
8.
Les petits mots grammaticaux
(pronoms,
adjectifs démonstratifs) s’écrivent en
pratique en
hiragana.
9.
Les adverbes
s’écrivent
selon l’usage dans l’un
ou l’autre
système.
10.
Pour les onomatopées,
on PEUT les écrire en
hiragana.
11.
Néanmoins il faut noter que les noms propres
étrangers et les mots d’origine
étrangère
(anglais principalement) ne s’écrivent ni en kanji
ni en
hiragana, mais en katakana.
(cf. suite)
Toutefois,
il faut rappeler que l’usage a donné naissance
de nombreuses exceptions :
Parmi
les catégories qui s’écrivent en kanji
il
n’est pas rare de voir le ou les idéogrammes
devenu(s)
obsolète(s).
exemple
: toi, pronom personnel

anata
s’écrit le plus souvent en hiragana, la
première écriture n’est pratiquement
plus
utilisée.
soit
:
Néanmoins,
l’inverse est impossible, i.e., ce qui
s’écrit toujours en hiragana
ne le sera jamais en
kanji.
Exemple la terminaison d’un verbe ou d’un adjectif
variable.
[1]
Le rond en fin de phrase correspond au point japonais.