La
grammaire japonaise diffère considérablement de
celle du français. Mieux vaut renoncer
d’emblée à vos habituels
repères grammaticaux. En effet, en japonais :
·
Le sujet :
Le
sujet peut être un GN, un nom propre ou un pronom personnel.
Mis
à part les membres de sa famille, ses amis et
soi-même, on adjoint au nom de la personne le
suffixe
san.
Dans un langage plus familier
et
relâché, on dira
chan
à la suite du nom. En outre, en japonais, le nom
précède toujours le prénom.
Le
sujet est suivi d’une particule enclitique :
soit
wa si le
sujet se trouve être le thème de la phrase, sinon
ga.
Dans le cadre simple de
cette initiation au japonais, il y aura une coïncidence entre
ces
deux notions, mais sachez que ce n'est pas toujours le cas.
wa
s’écrit avec le hiragana « ha
» mais se
prononce bien
[wa].
Note
importante :
De
façon générale, le japonais omet le
sujet grammatical (pronom personnel) de la phrase
si le contexte
permet
de l’indiquer implicitement.
Cette disparition est notable
surtout quand les pronoms personnels de la deuxième
personne,
anata
et
anatatachi,
deviennent le sujet de
la phrase. Car
les Japonais estiment être impolis en indiquant verbalement
l’interlocuteur, comme le sont les Français
indiquant du doigt une personne.
·
L’attribut :
Cela
peut être un nom propre, un GN, un adjectif.
·
Le verbe être se
traduira par
desu
au non-passé
affirmatif poli. En français, il peut être
traduit par « “c’est”,
“ce sont”,
“je suis”, “tu es”…
» mais aussi
par « “je serais”, “tu
seras”
»…
Bien
entendu, il peut être mis au passé, à
un temps négatif…
·
Le COD :
Le
COD peut être un nom propre ou un GN. Il est toujours suivi
de la particule
wo.
La
particule s’écrit avec
l’hiragana « wo » dont la prononciation
est
irrégulière car le
w
est muet. C’est
pourquoi nous retranscrirons
o
selon l’usage de la
transcription rômaji Hepburn en vigueur sur ce site.
·
Le verbe peut-être
suivi de la particule finale
ka
pour faire
une phrase interrogative. Le ton monte à la fin de la phrase
comme en français.
EXEMPLES
(contexte poli) :
C’est
un chat =
NEKO
DESU
Je
m’appelle (je suis) Pierre =
WATASHI
WA
PIÊRU DESU (NB :
WATASHI
WA peut être omis
si le
contexte indique implicitement que le locuteur (Pierre) parle de
lui-même.)
La
télévision est neuve =
TEREBI
WA
ATARASHII
DESU
Le
train est sûr =
DENSHA WA
ANZEN DESU
Le
vêtement blanc n’était pas propre =
SHIROI
FUKU WA
KIREI DEWA ARIMASEN
Le
vêtement était blanc =
FUKU
WA
SHIROKATTA DESU
Nous
sommes mardi (c’est mardi) =
KAYÔBI
DESU
J’ai
lu un livre intéressant =
WATASHI
WA OMOSHIROI
HON O YOMIMASHITA
Il
n’a pas attendu le train =
KARE
WA DENSHA O
MACHIMASEN DESHITA
J’écoute
la radio =
WATASHI
WA RAJIO O
KIKIMASU
Il
ouvre une fenêtre =
KARE WA
MADO O AKEMASU
Pierre
appelle un bon médecin =
PIÊRU
WA II
ISHA O YOBIMASU
A-t-elle
a écrit une lettre =
KANOJO
WA TEGAMI O
KAKIMASHITA KA
Rappel
de vocabulaire :
-
lire :
yomu
-
attendre :
matsu
-
écouter :
kiku
-
fenêtre :
mado
-
ouvrir :
akeru
-
appeler :
yobu
-
écrire :
kaku
V/
Le groupe nominal : suite
1.
Les adjectifs possessifs.
Les
adjectifs possessif en japonais se construisent selon le
modèle :
[pronom personnel] +
no
Exemples
:
ma
voiture =
WATASHI
NO KURUMA
Il
enlève sa montre =
(KARE WA)
KARE NO TOKEI O
TORIMASU. (Le verbe
toru
signifie entre autres enlever (un accessoire),
à différencier de
nugu,
enlever (un habit).)
2.
Autres rôles de la particule no dans un GN.
Expliquer
l’origine, le temps, la nature-état, ou le lieu.
Ce qui revient à la traduire en français par
« de »
ou plus rarement par « à ».
En
français : « dessin de sa maison ». Le
mot « dessin
» est appelé déterminé,
« maison » correspond au déterminant. En
français, le déterminé
précède le déterminant. Eh bien en
japonais c’est l’inverse : i.e., LE DETERMINE SUIT
LE DETERMINANT. Cette règle ne connaît aucune
exception. On dira donc : [
sa maison
de dessin]
pour « dessin de sa maison. Soit
:
KARE
NO IE NO E
Ainsi,
on peut multiplier x fois le nombre de déterminant, comme
dans ces exemples, qui ne sont même pas tirés par
les cheveux – et ce n’est pas de l’ironie.
La
lumière du soleil d’une fin de journée
de la fin de l’été.
¥
NATSU
NO OWARI NO HIGURE NO
TAIYÔ NO HIKARI
Les
feuilles de l’arbre à kaki du jardin. (kaki, fruit
de l’automne, dont la couleur est d’un orange
lumineux.)
¥
NIWA
NO KAKI NO KI NO HA
Vocabulaire
:
-
été :
natsu
-
fin :
owari
-
fin du jour :
higure
-
soleil :
taiyô
-
lumière :
hikari
-
jardin :
niwa
-
arbre :
ki
-
feuille :
ha
3.
Les adjectifs démonstratifs
Ils
se trouvent toujours devant un nom pour le déterminer et
pour s’y rapporter ; ils servent à indiquer aussi
bien les objets que les êtres.
On
les traduit en français par ce.
En
japonais, il faut bien distinguer
kono,
sono,
ano.
kono
s’associe à ce qui est en rapport avec le
locuteur
i.e. MOI qui parle.
sono
est utilisé pour qualifier un objet qui soit vient
d’être évoqué dans la
conversation, soit qui appartient à une
réalité touchant à la fois le locuteur
que l’interlocuteur.
ano
est synonyme de
distance
aussi bien réelle que volontaire
(le locuteur s’éloigne volontairement de
l’objet ou de l’être).
Exemples
:
Je
vous conseille ce livre. (C’est un vendeur qui parle : il
conseille son livre qu’il a en rayon)
¥
KONO
HON O OSUSUMESHIMASU.
Vous
prenez cette rue, tout droit. (La personne qui parle est en train
d’indiquer son chemin à quelqu’un qui
s’est perdu. Elle est la seule à
connaître cette rue, d’où
l’usage de
kono.)
¥
KONO
MICHI O MASSUGU IKIMASU.
(massugu = tout droit, prendre une rue =
« aller une rue » = michi o iku)
(Tous
les matins, je me levais à six heures et demie. Puis
j’allais à la mer me baigner.) À cette
heure
là (il n’y a personne sur la plage.) («
cette » renvoie à « six heures et demie
» de la phrase
précédente.)
¥
SONO
JIKAN WA
(Allongez-vous
sur) ce lit. (« ce lit » désigne une
réalité présente
considérée comme près de nous ensemble)
¥
SONO BEDDO
(Qu’est-ce
que c’est,) cet énorme filet (qu’on voit
du train ?) (Le filet est éloigné du locuteur qui
se situe dans le train)
¥
ANO
KYODAI NA AMI (
kyodai
est
un adjectif invariable signifiant
énorme,
ami
est un nom commun signifiant filet.)
4.
La conjonction de coordination « et ».
Si
l’énumération est complète
on
la traduit par
to.
Si
l’énumération est incomplète
on la traduit par
ya.
Exemples
:
Des
fruits et des légumes (entre autres) =
KUDAMONO
YA YASAI
Toi
et moi =
ANATA
TO WATASHI
VI/
Le lieu, la destination
REGLES
1.
Indiquer le lieu où les êtres vivants ou les
objets
se
trouvent :
On
utilise la particule
ni
qui se place après le lieu en
question.
2.
Indiquer le lieu où l’on mène une
action
:
On
utilise la particule
de.
3.
Indiquer la
destination
:
On
utilise les particules
e
ou
ni
(au choix) après le nom du
lieu où l’on se rend.
Notez
que
e
s’écrit avec le hiragana « he » bien
qu’il se prononce [e].
COMPLEMENTS
D’INFORMATION
Pour
situer
un objet un objet ou une personne
: ce qui se traduira en
français par « être » ou par
« il y a » peut être en japonais :
-
Le verbe
aru
si c’est un objet que l’on situe.
-
Le verbe
iru
si c’est un être vivant que
l’on situe.
aru
est un verbe fort, il donnera à la forme polie
arimasu
suivant le modèle de
suwaru.
Il a néanmoins des formes négatives
irrégulières :
nai au
non-passé,
nakatta
au passé.
iru
est un verbe faible, il donnera à la forme polie
imasu
suivant le modèle de
taberu.
Prenez
connaissance également des modèles suivants :
α
+
wa
+
β
+
no
+
γ
+
ni
+
aru/iru.
ou
β
+
no
+
γ
+
ni
+
α
+
ga
+
aru/iru.
α
indique une chose ou une personne à
localiser.
β
représente une autre chose ou une autre personne par rapport
à laquelle on situe A.
γ
représente des mots comme ue, dessus, shita, dessous, naka,
intérieur, ushiro, derrière, chikaku,
proximité.
Remarques
:
Le
premier modèle mais plutôt l’accent sur
lieu (
β).
Le
second modèle mais l’accent sur le sujet de la
phrase (
α)
car celui-ci est suivi par la particule ga.
Comme
toujours, le verbe est en fin de phrase.
Exemples
:
Son
briquet est sur la table =
KARE NO
RAITÂ
WA TÊEBURU NO UE NI ARIMASU
Il
y a un bureau de poste près de la gare (« il y a
» en français met l’accent sur le sujet
est non sur le lieu, d’où l’emploi du
second modèle) =
EKI NO
CHIKAKU NI
YÛBINKYOKU GA ARIMASU
(littéralement :
[
gare-de-proximité-à-bureau
de poste-particule de
sujet-être (pour un objet)]
)
Un
exemple pour le lieu d’action :
faire
ses courses au marché =
ICHIBA
DE KAIMONO O SURU
Un
exemple pour la destination :
Je
vais chez lui (à sa maison) =
WATASHI
WA KARE NO
IE NI IKIMASU ou
WATASHI WA
KARE NO IE E
IKIMASU
Dernier
point : les adverbes et pronoms interrogatifs de lieu :
ici
:
koko
là
:
soko
là-bas
:
asoko
où
:
doko
Exemples
:
Où
est son appartement ? =
KARE NO
APÂTO
WA DOKO NI
ARIMASU KA (Le point
d'interrogation n'est pas obligatoire en japonais)
La
banque est-elle là bas ? =
GINKÔ
WA
ASOKO NI ARIMASU KA
L’hôtel
est là =
HOTERU WA SOKO NI
ARIMASU
C’est
à droite =
MIGI NI ARIMASU
Ce
n’est pas à gauche =
HIDARI
NI ARIMASEN